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La Montagne Pelée en Martinique

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Culminant à 1397 mètre d’altitude, le volcan domine la Martinique. Il est toujours actif et la vie de l’île s’est construite au rythme de ses mouvements. Très prisé des randonneurs, il dévoile de magnifiques panoramas.

Depuis la colonisation

Saint-Pierre Montagne Pelée

Vers 1635, les premiers bateaux français arrivèrent sur la Martinique. Une haute montagne se dressait devant eux, nue de toute végétation : ils l’appelèrent alors la Montagne Pelée. Le volcan était actif, et les fréquentes coulées de lave laissaient peu de chance à la végétation de s’y développer. Le volcan est aujourd’hui toujours actif, et très étudié des scientifiques du monde entier. Il est un modèle du type éruptif péléen : le Mont donna son nom au phénomène d’éjection brutale de nuées ardentes. La lave y est très visqueuse, et ne fait pas de coulées. Elle forme à son point de sortie un dôme de lave solidifiée, créant un bouchon hermétique. Lorsque la pression devient trop forte, le bouchon explose, suivi d’une émission de gaz toxiques, de cendres et de pierres volcaniques.

1902, Saint-Pierre dévastée

En 1902, l’ancienne capitale économique de la ville, Saint-Pierre, fut complètement détruite. En quelques minutes, 30 000 Pierottins furent victimes d’une vaste nuée ardente. Ville de culture et de commerce, Saint-Pierre était « le petit Paris des Antilles ». Elle s’est développée autour de l’industrie sucrière, et son port accueille des bateaux du monde entier. Sur le modèle européen, elle possède une cathédrale, un lycée, une Chambre de commerce, un théâtre, un hôpital, des consulats… Elle est même équipée d’un éclairage urbain électrique, assez rare à l’époque. En 1902, la richesse culturelle et économique de la ville est florissante, la population est nombreuse. Au matin du 8 mai 1902, le bouchon du cratère de l’étang Sec explose, libérant un vaste nuage toxique, mêlé de pierres et de cendres volcanique, qui dévale la pente à plus de 500 km/h. L’onde de choc, la masse gazeuse et solide à plus de 1000°C, les coulées de boue, les chutes de pierres ne laissèrent aucune chance aux victimes qui succombèrent en quelques minutes. Les bateaux au mouillage dans la rade et ceux qui quittaient le port prirent feu, jusqu’à plus de 1500 mètres du rivage. La catastrophe marqua d’autant plus les esprits que l’ampleur du bilan était en partie dû à l’erreur humaine. Les premiers signes du danger se montrèrent dès le mois de février, prenant de plus en plus d’importance au fil des mois et aucune mesure d’évacuation de population ne fut prise. L’éruption de la Montagne Pelée, la plus meurtrière du XXe siècle devint une référence dans l’étude du risque volcanique, et marqua la naissance de la vulcanologie comme science à part entière : ce fut la première éruption décrite et étudiée dans toutes ses phases. Le type péléen naquit, comme l’expression « nuée ardente ». Aujourd’hui, certaines ruines déblayées sont visibles : la rue Levassor, le théâtre, l’église du Fort, le cachot de Cyparis – qui fut sauvé par l’épaisseur des murs-, la chapelle de l’asile Bethléem…  La petite ville actuelle fut reconstruite progressivement sur les cendres de l’ancienne Saint-Pierre.

La randonnée sur la montagne Pélée

Sommet Mont Pelée Martinique

Les magnifiques panoramas se méritent : la randonnée sur la montagne Pelée s’adresse plutôt aux marcheurs confirmés. Trois sentiers grimpent au sommet, et plusieurs tournent autour. Bien aménagés, ils restent abrupts, le dénivelé est important. Le terrain est caillouteux, les bonnes chaussures font parties de l’équipement de base.  Le vent, la brume et la pluie sont monnaie courante, et pour profiter des belles vues, il faut savoir être patient et partir au bon moment. Le sentier le plus classique est le numéro 23. Il démarre à 824 mètres d’altitude, au parking de l’Aileron, duquel la vue est déjà magnifique. Le premier refuge est à quelques mètres, ainsi qu’une table d’orientation. De là, on peut voir les pitons du Carbet, la baie de Fort-de-France et la presqu’île de La Caravelle. On monte ensuite à l’Aileron, à 1107 mètres, et après une montée d’escaliers plutôt raide, on atteint le plateau des Palmistes, à 1245 mètres. Là est le deuxième refuge. Le sentier longe ensuite la Caldeira, et la rando prend des allures d’escalade. On arrive ensuite au troisième refuge et au Chinois, à 1395 mètres. Il faut compter plus de 5 heures pour faire l’aller – retour, soit seulement 4,7 km. Le sentier 19 suit la crête du Morne Plumé (910 mètres) jusqu’à la Caldeira, et rejoint le Chinois. Les sentiers 21 et 22 suivent les exploitations agricoles, passent par la Maison du Moine où un ermite aurait vécu au début du XXe siècle. C’est aujourd’hui une station météo. Le sentier arrive enfin au deuxième refuge, à Morne Croix, après être passé par Morne Macouba, un volcan primitif culminant à 1300 mètres. Comptez 5 heures du point de départ de chacun des 3 sentiers.

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