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La garde-robe des antillais

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La garde-robe créole est connue pour ses couleurs joyeuses, ses Madras et ses bijoux. Les hommes comme les femmes prennent grand soin de leur mise, au quotidien comme dans les fêtes. L’attention est portée jusque dans les détails : pas question de se laisser aller ! La garde-robe des antillais fait partie intégrante de la culture créole.

 

Le Madras pour un chic soigné

Les vêtements traditionnels comme les habits de tous les jours portent haut les couleurs du Madras, le fameux tissu à carreaux jaunes, rouge, orangé, parfois vert. Originaire des Indes, il est aujourd’hui un signe distinctif créole, apporté par les colonisations européennes du XVIIe et XVIIIe siècles.

D’abord en fibres de bananier, il devint un tissage solide, subtil et léger de fils de soie et de coton. Chic, confortable et pratique, il compte parmi les premières richesses auxquelles les esclaves purent accéder, alors qu’il fut un temps réservé aux épouses des colons. Le chapeau était aussi interdit aux esclaves, et pour ne pas garder la tête nue, celles-ci restaient alors élégantes, défiant l’autorité, en ornant leur tête de carré de Madras, difficilement acquis.  En foulard, en robe, en ceinture, en chemise, pour les hommes et pour les femmes, il est toujours portée aujourd’hui, savamment assorti aux vêtements de tous les jours : il donne une touche de gaieté et de chic dans un souci permanent d’élégance. Son usage rappelle toujours la libération sociale, loin de la difficile condition d’esclave. En général, on l’associe à du blanc éclatant, parfois orné de dentelles pour les femmes, en pantalon, en jupon…

 

Pour les femmes, l’inspiration de la tradition

En Martinique comme en Guadeloupe, se faire belle tous les jours fait partie du patrimoine culturel. Tout en réservant quelques costumes traditionnels pour les grandes occasions, elles n’hésitent pas à se servir de quelques touches typiques au quotidien, sans oublier une bonne dose d’originalité, toujours très cultivée.

Le costume traditionnel n’a vraiment existé qu’entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XXe siècle. Des années 30 aux années 50, il est de moins en moins porté, mais depuis les années 60, les antillais réintègrent leur garde-robe au cœur de leur patrimoine. Ainsi, si elles ne sont guère plus portée, les grandes robes, robes Tido, les Titanes restent une grande source d’inspiration pour les créateurs locaux et les stylistes de tous les Caraïbes, et font leur retour, quelque peu transformée, dans les grandes cérémonies.

Les fêtes traditionnelles et familiales sont de bonnes occasions pour apprécier de belles tenues créoles et leurs inspirations. La Grande robe est faite d’un tissu coloré, parfois brillant, et se porte avec un grand jupon, pour donner du volume. On l’accorde parfois avec une cape. La Douillette est quant à elle une robe plus simple, portée tous les jours. La jupe-chemise se voit encore de nos jours, avec une grande chemise blanche immaculée et brodée, portée sur une jupe de madras qui laisse voir les belles dentelles du jupon, tout en dessous. Avec simplicité, on peut aussi nouer un grand carré de Madras sur un beau jupon blanc. On dit que le foulard porté sur les épaules est un héritage de la colonisation espagnole. La gaule est une robe plus simple, toute blanche.

 

Les accessoires typiques

Pour parfaire le tout, un foulard ou un chapeau sur la tête sait unifier l’ensemble. Parfois en simple ruban noué, parfois en pliage de tissu de taille impressionnante, le port du couvre-chef peut-être de grande signification. Par exemple, à la Martinique, le nouage du carré de Madras est tout un art, témoignant de la situation amoureuse de la propriétaire. Datant du XIXe siècle,  « la tête calandrée » est quant à elle réservée aux grandes occasions, en madras plié en escargot.

Les bijoux en or sont le symbole de l’émancipation du peuple antillais de sa condition d’esclave. Les colliers racontent une histoire : la chaîne Forçat raconte l’esclavage, le collier Grain témoigne soit d’une liberté acquise grain après grain, soit du nombre des aventures amoureuses, selon les versions.

 

Pour les hommes, élégance et décontraction

Si les hommes n’ont pas de costumes traditionnels à proprement parler, ils s’inspirent aux aussi du madras, chez qui il évoque l’élégance. Comme les femmes, ils jouent avec les codes, mais font preuve de beaucoup de discrétion, et garde un style très européen. Pour les fêtes et cérémonies, les chemises en coton ou en lin sont toujours impeccables, et la cravate obligatoire. En Guadeloupe, le carnaval a beau être un endroit pour laisser parler sa créativité, les hommes restent en général sages, sans fioritures.

Contrairement à la garde-robe féminine, la garde-robe masculine a peu évolué depuis le XIXe siècle. Au soleil, le blanc reste toujours une couleur privilégiée.

 

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